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Sea monsterÉtienne Guillé


Étienne Guillé, né le 17 avril 1937 à Malville (Loire-Atlantique) et mort le 27 août 2018 à Antony (Hauts-de-Seine) à l'âge de 81 ans, est un biologiste et enseignant-chercheur français, principalement connu pour ses travaux en physiologie végétale, puis pour ses recherches personnelles établissant des rapprochements entre biologie, théorie des systèmes, traditions ésotériques, alchimie, radiesthésie et phénomènes dits « vibratoires ».

À partir des années 1980, il développe une conception de la biologie et de la réalité qu'il présente comme une extension des approches scientifiques conventionnelles. Ses ouvrages L'Alchimie de la vie, Le Langage vibratoire de la vie, L'Énergie des pyramides et l'homme, L'Homme et son Double et L'Homme entre ciel et terre exposent progressivement cette pensée.

Dans les dernières décennies de sa vie, Étienne Guillé devient également la figure centrale d'un mouvement appelé La Grande Mutation, également associé au GREVE&SVI (Groupe de recherche sur les énergies vibratoires éternelles et les supports vibratoires incorruptibles). Ses conceptions et les pratiques développées autour de ce mouvement ont suscité d'importantes controverses, notamment concernant leur caractère scientifique, leurs pratiques thérapeutiques et l'influence exercée sur certains adeptes. Des procédures judiciaires concernant plusieurs responsables du mouvement ont été engagées dans les années 2010.

Biographie

Formation et carrière scientifique

Étienne Guillé naît le 17 avril 1937 à Malville, en Loire-Atlantique. Il entreprend des études scientifiques et s'oriente vers la biologie, notamment vers la physiologie et la biochimie.

Il mène une carrière d'enseignant-chercheur à la faculté des sciences d'Orsay, aujourd'hui intégrée à l'université Paris-Saclay, et travaille également comme chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). L'UNADFI indique qu'il était agrégé de physiologie et de biochimie et qu'il avait exercé comme chercheur au CNRS et enseignant à Orsay jusqu'au début des années 1980.

Des sources plus récentes ont cependant contesté certaines présentations de son parcours académique. Lors du procès consacré en 2024 à plusieurs responsables de la Grande Mutation, Le Parisien rapporte notamment qu'il se présentait comme « agrégé du supérieur », alors que les éléments examinés lors de l'enquête indiquaient qu'il était agrégé de l'enseignement secondaire.

Recherches sur le cancer et la biologie végétale

Les premières recherches connues d'Étienne Guillé portent notamment sur la biologie végétale et les mécanismes liés à la transformation tumorale.

Une thèse attribuée à Étienne Guillé porte sur le mécanisme d'induction du crown gall — une maladie tumorale affectant certaines plantes — et sur un modèle de contrôle quantitatif de l'information génétique. Une bibliographie publiée par des représentants du mouvement auquel il était associé donne comme titre : Le mécanisme d'induction du crown gall chez les plantes supérieures. Modèle de contrôle quantitatif de l'information génétique.

Son nom apparaît également dans plusieurs références bibliographiques consacrées à la recherche sur le cancer et la biocompatibilité, notamment des travaux publiés dans les années 1970 et 1980.

Ces travaux constituent le point de départ de la réflexion que Guillé développera ultérieurement sur les mécanismes biologiques, l'information génétique et les relations entre l'organisme et son environnement.

De la biologie à l'« alchimie de la vie »

À partir des années 1980, Étienne Guillé élargit progressivement son champ de recherche.

Il cherche notamment à rapprocher les connaissances contemporaines en biologie et en médecine de connaissances issues de traditions anciennes, notamment l'alchimie, les traditions égyptiennes et hébraïques et différentes conceptions symboliques de l'être humain.

Cette démarche aboutit à la publication de son ouvrage majeur, L'Alchimie de la vie : biologie et tradition, écrit avec Christine Hardy. L'ouvrage est publié aux éditions du Rocher dans les années 1980 et connaît plusieurs éditions ultérieures. Le catalogue du Centre Prévention Santé le décrit comme un ouvrage mettant en relation ADN, biologie, cancer, alchimie et approches holistiques.

Guillé y propose notamment l'idée que certaines structures biologiques pourraient être comprises à travers des concepts issus des traditions anciennes. L'ADN occupe une place centrale dans cette réflexion.

Selon la présentation de l'ouvrage, Guillé utilise la méthode générale d'analyse des systèmes pour confronter les données de la biologie et de la médecine aux données de la Tradition.

Le « langage vibratoire de la vie »

En 1990 paraît Le Langage vibratoire de la vie : l'alchimie de la vie, présenté comme le deuxième volet de ses recherches.

Guillé y développe la notion de langage vibratoire, qu'il associe notamment aux propriétés vibratoires de l'ADN.

Selon le résumé bibliographique de l'ouvrage, il étudie les caractéristiques vibratoires des hiéroglyphes égyptiens et des lettres hébraïques et cherche à établir un système reliant ces symboles aux propriétés vibratoires de la matière vivante.

Il introduit notamment les notions de support vibratoire (SV) et d'énergie vibratoire (EV). Ces concepts deviennent par la suite centraux dans l'enseignement développé autour de sa pensée.

Cette période marque une évolution importante : Guillé ne cherche plus uniquement à proposer des interprétations nouvelles de phénomènes biologiques, mais à élaborer un modèle général permettant, selon lui, de comprendre les relations entre l'être humain, la matière, l'information, l'énergie et l'univers.

Les recherches sur les pyramides

En 1989, il publie L'Énergie des pyramides et l'homme : les pyramides vibratoires de l'être humain.

Il s'intéresse notamment aux pyramides égyptiennes et à leurs éventuelles propriétés énergétiques ou vibratoires.

Cette recherche participe à l'élargissement de son approche, qui mêle désormais biologie, symbolisme, architecture ancienne, énergie et traditions ésotériques.

L'Homme et son Double

En 2000 paraît L'Homme et son Double, ouvrage dans lequel Guillé poursuit ses recherches sur la structure de l'être humain et sur l'existence de dimensions de la personne dépassant son seul organisme physique.

Il publie ensuite L'Homme entre ciel et terre : une nouvelle approche de la réalité, dont différentes éditions paraissent au début des années 2000. Sa bibliographie comprend également plusieurs autres travaux consacrés aux énergies vibratoires et à la conception qu'il développe de la réalité.

La « Science des 18 sens »

Dans la seconde partie de sa vie, Étienne Guillé développe une conception qu'il désigne sous le nom de « Science des 18 sens ».

Cette conception part de l'idée que les cinq sens traditionnellement reconnus ne permettraient pas à l'être humain d'appréhender l'ensemble de la réalité. Guillé propose donc d'élargir les moyens de perception et de connaissance à d'autres formes de sensibilité.

Cette approche est ensuite associée au « Langage quantique de la vie ».

Des ouvrages publiés après sa mort par des membres de son entourage présentent cette démarche comme l'aboutissement de plusieurs décennies de recherche. Le livre de Jean-Noël Kerviel L'Être humain et les Énergies Vibratoires, préfacé par Guillé, présente notamment le mouvement de la « Science des 18 sens » et du « Langage quantique de la vie ».

Il convient toutefois de distinguer cette terminologie et ces théories de la physique quantique et de la biologie moléculaire établies. L'expression « Langage quantique de la vie » relève du système théorique développé par Guillé et ses collaborateurs et ne constitue pas une discipline scientifique reconnue sous cette appellation.

La Grande Mutation

À partir des années 1990 et 2000, les activités d'Étienne Guillé s'organisent progressivement autour d'un mouvement de pensée connu sous le nom de La Grande Mutation.

Le mouvement est également associé au GREVE&SVI, acronyme de Groupe de recherche sur les énergies vibratoires éternelles et les supports vibratoires incorruptibles.

Les participants suivent des enseignements et des séminaires consacrés aux théories développées par Guillé. Une revue intitulée La Grande Mutation – Revue d'analyse systémique à la lumière du langage vibratoire de la vie est également publiée.

Le système développé autour de Guillé reprend notamment les notions d'énergie vibratoire, de support vibratoire, de langage vibratoire, de conscience et de transformation de l'être humain.

Selon des documents produits par les membres du mouvement, l'objectif était de développer une nouvelle manière d'appréhender l'être humain et les phénomènes naturels.

Théories médicales et cancer

Une partie particulièrement controversée des conceptions de Guillé concerne les maladies dégénératives, et notamment le cancer.

Guillé et ses disciples défendent l'idée que certaines maladies pourraient être comprises à partir de déséquilibres vibratoires et qu'une approche fondée sur les énergies vibratoires pourrait permettre d'agir sur ces processus.

Des organismes critiques du mouvement, notamment l'UNADFI, ont rapporté que certains adeptes auraient été encouragés à privilégier ces méthodes au détriment de traitements médicaux conventionnels.

Ces affirmations ont été fortement contestées par les institutions et observateurs critiques du mouvement. Elles ne correspondent pas au consensus scientifique actuel sur les causes et les traitements du cancer.

Il est donc important de distinguer les travaux scientifiques initiaux de Guillé en biologie végétale de ses théories ultérieures sur les « vibrations », l'ADN et les maladies humaines.

Controverses et accusations de dérives sectaires

À partir des années 2010, la Grande Mutation fait l'objet de signalements et d'enquêtes concernant son fonctionnement et les relations entre ses membres.

L'UNADFI rapporte que la cellule spécialisée de la police judiciaire avait reçu plusieurs plaintes et signalements concernant le mouvement. En 2015, Étienne Guillé et plusieurs responsables de la Grande Mutation sont mis en examen dans une procédure portant notamment sur des accusations d'abus de faiblesse par sujétion psychologique et de corruption de mineur.

Ces accusations concernaient principalement le fonctionnement du groupe et les comportements de plusieurs de ses responsables, plutôt que les seules publications scientifiques de Guillé.

Le mouvement et ses représentants ont contesté les accusations et présenté les procédures comme une atteinte à leur liberté de pensée et de recherche. Dans des communications publiées par des associations proches du mouvement, les mises en cause sont notamment décrites comme résultant de conflits familiaux et de l'incompréhension des recherches de Guillé.

Procès de la Grande Mutation

Après la mort de Guillé, une procédure judiciaire se poursuit concernant plusieurs responsables de la Grande Mutation.

En avril-mai 2024, six cadres du mouvement sont jugés devant le tribunal correctionnel de Paris pour des faits d'abus de faiblesse par sujétion psychologique, concernant une vingtaine de personnes selon l'accusation. L'un des prévenus est également poursuivi pour exercice illégal de la médecine.

Étienne Guillé, décédé plusieurs années auparavant, n'est donc pas lui-même jugé dans cette procédure.

La couverture médiatique du procès a toutefois largement porté sur son rôle historique dans le mouvement et sur les méthodes d'enseignement et de soin qui lui étaient attribuées.

Mort

Étienne Guillé meurt le 27 août 2018 à Antony, dans les Hauts-de-Seine, à l'âge de 81 ans. Le registre des décès indique qu'il était né le 17 avril 1937 à Malville.

Son décès est également rapporté par l'UNADFI, qui indique qu'il est mort en 2018 à l'âge de 81 ans.

Après sa mort, certains membres du mouvement poursuivent l'enseignement de ses théories. Jean-Noël Kerviel, notamment, publie des ouvrages consacrés aux énergies vibratoires et présente Guillé comme l'un des fondateurs de cette nouvelle approche de la réalité.


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